Ressource de référence · Microsoft 365 Copilot

Mesurer l'adoption réelle de Microsoft 365 Copilot : un modèle en cinq niveaux

La plupart des tableaux de bord Copilot confondent cinq choses : avoir accès, être formé, utiliser, adopter, et en tirer un résultat métier. Ce modèle les sépare, avec pour chaque niveau la question à poser, l’indicateur, la source dans Microsoft 365 et le piège à éviter.

Par Antoine Billotte, fondateur de Tomorrow Solutions · Mis à jour le 30 octobre 2026

Des licences partout, personne ne sait qui l’utilise

Au printemps, une ETI industrielle internationale m'a présenté le bilan de son déploiement Copilot. Presque tous les collaborateurs avaient une licence. La direction générale avait fixé un objectif de formation à 100 %. Un seul chiffre circulait en comité de direction : le taux de complétion d'un module d'e-learning, très bas.

Personne ne savait dire combien de personnes utilisaient vraiment Copilot, ni pour quoi faire. Pendant ce temps, la facture des licences tombait chaque mois. C'est la situation que je rencontre le plus souvent, et sa cause tient presque toujours à la manière de mesurer l'adoption.

Trois indicateurs qui rassurent à tort

Ces chiffres sont exacts dans leur périmètre. Le risque vient de l’usage qu’on en fait : répondre avec des signaux d’activité à une question qui porte sur la valeur.

Les licences attribuées

Elles mesurent un achat. Elles disent combien de personnes peuvent utiliser Copilot, pas combien le font.

Les utilisateurs « actifs »

Dans le rapport d’usage du centre d’administration Microsoft 365, un utilisateur est actif s’il a déclenché volontairement une fonction Copilot sur la période choisie (7, 28, 90 ou 180 jours). Ouvrir le volet Copilot ne compte pas, envoyer une requête compte. Un seul prompt en quatre semaines suffit.

Les heures et la valeur assistées

Le Microsoft Copilot Dashboard affiche des « heures assistées par Copilot ». Microsoft précise lui-même qu’il s’agit d’une estimation, calculée à partir des actions et de multiplicateurs issus de ses recherches. La valeur assistée multiplie ces heures par un taux horaire réglé par défaut à 72 dollars.

Le modèle : cinq niveaux, cinq questions

Chaque niveau répond à une question différente. On ne passe pas au suivant tant que le précédent n’est pas mesuré.

  1. 01

    Accès · Qui peut utiliser Copilot ?

    Indicateur
    Licences attribuées rapportées à la population cible, par direction et par métier.
    Source
    Rapport d’usage Copilot du centre d’administration Microsoft 365 (« utilisateurs activés »).
    Piège
    Raisonner à l’échelle du groupe. Un taux global de 90 % peut cacher une direction entière sans licence, ou des licences attribuées à des personnes qui n’en ont pas l’usage.
  2. 02

    Formation · Qui sait s’en servir dans son métier ?

    Indicateur
    Part des utilisateurs formés sur des cas d’usage de leur métier, et pas seulement inscrits à une présentation générale de l’outil.
    Source
    Outils RH ou de formation, complétés par une question en fin de session : « Quelle tâche de votre semaine allez-vous confier à Copilot ? »
    Piège
    Prendre la participation pour une compétence. Une formation générique, dans une langue qui n’est pas celle de l’équipe, sans temps dégagé par le manager, produit des inscriptions et peu d’usage.
  3. 03

    Usage · Qui a essayé, et à quelle fréquence ?

    Indicateur
    Taux d’utilisateurs actifs sur 28 jours (actifs divisés par activés), nombre moyen de requêtes par utilisateur actif, nombre de jours actifs.
    Source
    Rapport d’usage Copilot du centre d’administration, avec la vue par application (Outlook, Teams, Word, Excel, PowerPoint, Copilot Chat).
    Piège
    S’arrêter là. Ce niveau mesure l’exploration. C’est le bon indicateur des premières semaines, pas pour juger un programme à six mois.
  4. 04

    Adoption · Qui l’utilise de façon régulière ?

    Indicateur
    Part d’utilisateurs réguliers : dans le Copilot Dashboard, les utilisateurs « habituels » (1 à 14 actions par semaine en moyenne) et « intensifs » (15 actions ou plus) ont utilisé Copilot au moins 9 semaines sur les 12 dernières. S’y ajoutent les utilisateurs qui reviennent d’une période sur l’autre, par métier.
    Source
    Microsoft Copilot Dashboard, dans Viva Insights. Sa consultation ne demande ni licence Viva Insights payante ni licence Copilot ; les comparaisons et les données par groupe s’ouvrent à partir de 50 licences.
    Piège
    Lire une moyenne. Une équipe juridique à 70 % d’utilisateurs réguliers et une équipe commerciale à 10 % donnent une moyenne de 40 % qui ne décrit aucune des deux, et appellent deux plans d’action différents.
  5. 05

    Impact · Qu’est-ce qui a changé dans le travail, et qui en répond ?

    Indicateur
    Un ou deux indicateurs métier par cas d’usage, mesurés avant et après : délai de traitement d’une demande, allers-retours avant validation, temps de préparation d’une réunion récurrente, qualité perçue par le client interne.
    Source
    Outils du métier (gestion des demandes, CRM, outils juridiques), complétés par l’enquête de ressenti du Copilot Dashboard : qualité du travail, charge mentale des tâches répétitives, vitesse et productivité.
    Piège
    Mesurer sans propriétaire. Un indicateur d’impact n’a de valeur que s’il appartient à un responsable métier, qui le suit et décide de la suite.

Installer la mesure en quatre semaines

Semaine 1

Sortir la base

Demander à l’IT l’extrait du rapport d’usage Copilot sur 28 et 90 jours, et ouvrir le Copilot Dashboard. C’est gratuit et rapide, et cela transforme une impression en constat.

Semaine 2

Choisir deux ou trois cas d’usage par métier

Partir de ce qui prend du temps chaque semaine dans l’équipe. Pour chaque cas, nommer un sponsor métier et mesurer la situation de départ.

Semaine 3

Décider du rituel

Une revue mensuelle courte, par métier : les niveaux 3 et 4 pour piloter l’accompagnement, le niveau 5 pour décider. Les ambassadeurs de chaque équipe y apportent les cas qui marchent.

Semaine 4

Poser la règle de décision

Pour chaque pilote, un critère écrit à l’avance pour le généraliser, l’ajuster ou l’arrêter. C’est ce critère qui évite les pilotes qui durent sans conclure.

Quatre erreurs à éviter

  1. Compter les inscriptions à la formation comme un indicateur d’adoption.
  2. Présenter les heures assistées comme un retour sur investissement mesuré.
  3. Agréger les métiers dans un seul taux, qui masque les équipes à zéro.
  4. Confondre objectif et résultat. Un objectif d’adoption fixé au lancement n’est pas un résultat tant qu’il n’a pas été mesuré.

Les dirigeants commencent à s’équiper pour cette question : selon l’étude Trends of AI 2026 de KPMG France, menée auprès de 356 décideurs, deux organisations sur trois déclarent désormais savoir mesurer le retour sur investissement de l’IA, contre une sur trois un an plus tôt. Reste à vérifier que cette mesure porte sur le travail lui-même, au-delà de l’activité dans l’outil.

Par où commencer

Si vous ne deviez faire qu’une chose ce mois-ci : demandez l’extrait d’usage Copilot sur 90 jours, découpé par direction, et regardez la part d’utilisateurs réguliers métier par métier. Cette seule lecture suffit généralement à savoir où concentrer l’accompagnement.

Questions fréquentes

En séparant cinq niveaux : accès (licences attribuées), formation (personnes formées sur des cas de leur métier), usage (utilisateurs actifs sur 28 jours), adoption (utilisateurs réguliers, au moins 9 semaines sur 12 dans le Copilot Dashboard) et impact (un indicateur métier mesuré avant et après, porté par un sponsor). Chaque niveau répond à une question différente.

Sachez ce que vos licences produisent vraiment.

Je construis ces dispositifs de mesure avec les directions métier et l’IT, du premier extrait jusqu’à la revue mensuelle.

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